Comparer deux subdivisions : une grille pour décider
Ce que les données publiques disent d’une subdivision, ce qu’elles taisent, une grille à remplir — et la part des médecins formés dans chaque territoire qui y exercent encore.
Par Simon Robain, créateur de Supermédecin. Publié le 26 septembre 2026. Sources vérifiées le 26 septembre 2026. Lecture : 10 min.
Deux subdivisions en haut de votre liste, et l’impression de tout savoir sur l’une et presque rien sur l’autre. Cette page sert à rééquilibrer : une grille, ce qu’on trouve déjà en ligne pour la remplir, ce qu’il faut aller chercher ailleurs — et un chiffre rarement publié : la part des médecins formés dans une subdivision qui déclarent aujourd’hui un lieu d’exercice dans son ancienne région.
Ce n’est pas un classement des villes. Le guide sur l’arbitrage entre spécialité et ville dit comment peser ; celui-ci aide à réunir les faits avant de peser. Les données citées sont datées, les règles vérifiées à la date indiquée en bas de page.
La réponse courte
- Remplissez la même grille pour les deux subdivisions, ligne par ligne, en notant la source et la date de chaque case. Une case vide est une information : elle dit ce qu’il vous reste à demander.
- Cinq lignes se remplissent avec des données publiques : les postes ouverts, les spécialités proposées, les rangs des affectés des années passées, la taille de la promotion et ce que deviennent les médecins formés sur place.
- Les autres — terrains de stage, distances, logement, encadrement — ne se trouvent que localement, auprès des internes et de la faculté.
- Sept médecins sur dix déclarent aujourd’hui au moins un lieu d’exercice dans l’ancienne région de leur internat. L’écart va de 81 % à 39 % selon les territoires, et dans plusieurs d’entre eux ce sont surtout les spécialistes qui exercent ailleurs.
La grille
| Critère | Où le trouver | Ce que ça dit | Ce que ça ne dit pas |
|---|---|---|---|
| Postes ouverts dans votre spécialité, hors postes réservés aux signataires d’un contrat d’engagement de service public | Postes offerts, d’après l’arrêté annuel | La place disponible cette année | Qui les obtiendra |
| Rangs des affectés, années passées (positionnements depuis 2024) | Croisement spécialité × subdivision | La demande | Une garantie pour cette année |
| Taille de la promotion locale | Pages des subdivisions | Le nombre de co-internes | L’encadrement |
| Spécialités ouvertes | Postes offerts | L’étendue de l’offre de formation | Sa qualité |
| Où exercent les médecins formés ici | Le tableau plus bas | L’ancrage | Pourquoi ils restent |
| Terrains de stage, part de CHU et de périphérie, distances | Faculté, association locale d’internes | Le quotidien de l’internat | — |
| Logement, transports | Sources locales, datées | Le coût de la vie | — |
| Encadrement, gardes, ambiance | Internes sur place | Ce que la maquette ne dit pas | Une vérité générale : c’est un témoignage |
Les cinq premières lignes se remplissent en dix minutes avec le site. Les trois dernières prennent des semaines, et ce sont souvent elles qui décident.
Ce que deviennent les médecins formés dans chaque subdivision
Pour chaque territoire, la part des médecins des promotions 2011 à 2020 qui déclarent aujourd’hui au moins un lieu d’exercice dans l’ancienne région de leur subdivision d’internat.
| Territoire (subdivisions) | Tous | Médecine générale | Autres spécialités |
|---|---|---|---|
| Rhône-Alpes (Lyon, Grenoble, Saint-Étienne) * | 81 % | 80 % | 82 % |
| PACA et Corse (Aix-Marseille, Nice) * | 80 % | 76 % | 84 % |
| Île-de-France (Paris) | 80 % | 78 % | 81 % |
| Bretagne (Rennes, Brest) * | 80 % | 82 % | 77 % |
| Aquitaine (Bordeaux) | 78 % | 75 % | 80 % |
| Nord-Pas-de-Calais (Lille) | 76 % | 78 % | 76 % |
| Alsace (Strasbourg) | 73 % | 72 % | 75 % |
| Pays de la Loire (Nantes, Angers) * | 72 % | 71 % | 73 % |
| Midi-Pyrénées (Toulouse) | 72 % | 72 % | 72 % |
| Lorraine (Nancy) | 71 % | 79 % | 66 % |
| Basse-Normandie (Caen) | 69 % | 76 % | 64 % |
| Languedoc-Roussillon (Montpellier-Nîmes) | 68 % | 61 % | 75 % |
| Haute-Normandie (Rouen) | 67 % | 76 % | 62 % |
| Franche-Comté (Besançon) | 67 % | 76 % | 61 % |
| Auvergne (Clermont-Ferrand) | 66 % | 70 % | 63 % |
| Bourgogne (Dijon) | 63 % | 68 % | 60 % |
| Centre (Tours) | 61 % | 65 % | 58 % |
| Poitou-Charentes (Poitiers) | 58 % | 61 % | 56 % |
| Picardie (Amiens) | 58 % | 70 % | 50 % |
| Champagne-Ardenne (Reims) | 56 % | 71 % | 48 % |
| Limousin (Limoges) | 56 % | 57 % | 55 % |
| Océan Indien (La Réunion) | 51 % | 52 % | 51 % |
| Antilles-Guyane | 39 % | 49 % | 31 % |
* Territoire regroupant plusieurs subdivisions : plus vaste, il gonfle mécaniquement le taux.
Le haut du tableau est en partie un effet de taille. Une grande région offre plus d’endroits où exercer sans en sortir. Comparez plutôt des territoires d’une seule subdivision entre eux.
L’écart le plus instructif est entre généralistes et spécialistes. Dans plusieurs territoires, il vient surtout des spécialistes : 48 % en Champagne-Ardenne contre 71 % des généralistes, 50 % en Picardie contre 70 %, 62 % en Haute-Normandie contre 76 %. Ce n’est pas une règle : l’écart est nul en Limousin et à La Réunion, et s’inverse en Languedoc-Roussillon. Les données ne disent pas pourquoi. C’est une bonne question à poser sur place : où vont les spécialistes formés ici, et qu’est-ce qui les fait partir ?
Rester n’est pas une note. On reste pour une famille, un poste, un réseau ; on part pour les mêmes raisons. Ce chiffre dit où les médecins formés sur place exercent le plus souvent aujourd’hui, pas où l’on est le mieux formé.
Méthode. Source : l’extraction de l’Annuaire Santé (RPPS) publiée sur data.gouv.fr, téléchargée le 21 septembre 2026. Population : les médecins dont la fiche Supermédecin est rattachée sans ambiguïté à un numéro RPPS — un seul médecin de ce nom au répertoire et une spécialité concordante —, des promotions 2011 à 2020, qui déclarent au moins une activité : 49 382 personnes, de 257 à 8 183 par case. « Ancienne région » s’entend dans le découpage d’avant 2016. Pour les outre-mer, le territoire compté est celui des départements de la subdivision : Guadeloupe, Martinique et Guyane ; La Réunion et Mayotte. Le RPPS est déclaratif et décrit la situation d’aujourd’hui, pas le parcours qui y a mené.
Les contraintes à inscrire à côté de la grille
La subdivision ne se change pas. Le code de l’éducation est explicite : les changements de subdivision ne sont pas autorisés, sauf motif impérieux dûment justifié. Le droit au remords permet de changer de spécialité, une fois, au plus tard au cours du deuxième semestre de la phase d’approfondissement, dans la subdivision où l’on a été affecté — pas de ville.
Quelques stages ailleurs restent possibles. En phases socle et d’approfondissement, on peut demander jusqu’à deux stages hors de sa subdivision tout en restant dans sa région, et en phase d’approfondissement jusqu’à deux stages hors de sa région. Le directeur de l’unité de formation et de recherche décide après avis de l’agence régionale de santé et du centre hospitalier universitaire, avec une convention entre établissements. Des régimes plus larges existent pour le Centre-Val de Loire, les Antilles-Guyane et l’océan Indien. Ce sont des stages, pas un déménagement : la subdivision de rattachement, elle, ne change pas.
On ne choisit pas une ville, on la classe. Depuis la réforme de 2024, les candidats classent des vœux — des couples spécialité et subdivision, au moins quarante conseillés — et sont affectés par appariement au meilleur vœu compatible avec leurs positionnements. Comparer deux subdivisions, c’est décider de leur ordre dans cette liste. Le guide sur les rangs et l’affectation détaille le mécanisme.
Un exemple, pour voir la grille remplie
Exemple illustratif : il ne recommande ni Rouen ni Caen, il montre comment remplir la grille. Les chiffres sont ceux du site au 26 septembre 2026.
Une candidate hésite entre la médecine générale à Rouen et à Caen.
| Critère | Rouen | Caen |
|---|---|---|
| Postes ouverts en médecine générale, 2026-2027 | 121, dont 4 réservés aux signataires d’un contrat d’engagement de service public | 120, dont 13 réservés |
| Postes en médecine générale : évolution depuis 2025 | +8 | +22 |
| Postes pourvus en médecine générale, 2025 | 113 sur 113 | 98 sur 98 |
| Rang médian des affectés en médecine générale, 2025 (positionnement dans le groupe) | 7 442 | 7 378 |
| Dernier affecté (rang maximum), 2025 | 8 513 | 8 927 |
| Postes ouverts, toutes spécialités, 2026-2027 | 310, dans 43 spécialités (6 réservés) | 280, dans 39 spécialités (14 réservés) |
| Généralistes formés ici exerçant dans l’ancienne région | 76 % | 76 % |
| Terrains de stage, distances | À demander | À demander |
| Logement, transports | À chercher | À chercher |
| Encadrement, gardes | À demander aux internes | À demander aux internes |
Sur les chiffres publics, les deux se ressemblent : un nombre de postes comparable — 117 et 107 hors contrats d’engagement de service public —, des rangs voisins, le même ancrage des généralistes. Caen a nettement élargi son offre en un an. La décision se jouera sur les trois lignes du bas — celles qui prennent le plus de temps à remplir : mieux vaut commencer tôt.
Une précision de lecture : depuis 2024, le rang affiché est un positionnement calculé au sein de chaque groupe de spécialités. Il se compare entre villes pour une même spécialité et une même année, jamais avec un rang d’avant 2024 — même si le croisement du site les montre sur une seule échelle.
La grille vierge
À recopier ou à imprimer.
| Critère | Subdivision A | Subdivision B | Importance pour moi (1 à 3) |
|---|---|---|---|
| Postes ouverts dans ma spécialité | |||
| Rangs des affectés, années passées | |||
| Taille de la promotion locale | |||
| Spécialités ouvertes | |||
| Médecins formés ici qui y exercent | |||
| Terrains de stage, distances | |||
| Logement, transports | |||
| Encadrement, gardes, ambiance | |||
| Ma vie hors de l’hôpital : famille, entourage |
Les questions encore ouvertes
Quand la grille est remplie, il reste presque toujours les mêmes questions, et elles se posent à des internes de chaque subdivision :
- combien de terrains de stage sont réellement accessibles en première année, et à quelle distance ;
- comment se passe le choix des stages, et à quel rang on obtient ceux qui sont demandés ;
- ce que deviennent les internes de votre spécialité à la fin : postes sur place, départs, et pourquoi.
Les 15 questions à poser à un interne avant de choisir en donnent la liste complète.
Ce que cette page ne fait pas
Elle ne note pas les subdivisions et ne dit pas où la formation est meilleure : aucune donnée publique ne le mesure. Elle ne remplace pas la faculté ni les internes sur place, seuls à pouvoir remplir les dernières lignes de la grille.
La suite
Comparer les positionnements par spécialité et subdivisionSources
- Annuaire Santé — extraction des données en libre accès des professionnels de santé (RPPS), fichier personne-activité téléchargé le 21 septembre 2026 : lieux d’exercice déclarés — Agence du numérique en santé, data.gouv.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Méthodologie et périmètre des données du site (rattachement des fiches au RPPS) — Supermédecin, consulté le 26 septembre 2026.
- Arrêté du 4 août 2026 fixant le nombre de postes offerts par spécialité et par subdivision pour l’année universitaire 2026-2027 — annexe II : postes ouverts aux étudiants ayant signé un contrat d’engagement de service public — Légifrance, consulté le 26 septembre 2026.
- Arrêté du 19 avril 2022 fixant les modalités d’organisation de la procédure nationale d’appariement (groupes de spécialités, positionnements, vœux) — Légifrance, consulté le 20 septembre 2026.
- Postes offerts et pourvus par spécialité et par subdivision, 2017 à 2026 — Supermédecin — arrêtés annuels de postes ouverts, consulté le 26 septembre 2026.
- Médecine générale — rang par ville et par année (rang médian, rang maximum des affectés ; positionnement dans le groupe depuis 2024) — Supermédecin — arrêtés d’affectation, consulté le 26 septembre 2026.
- Procédure nationale d’appariement 2026 — liste de vœux (couples spécialité + subdivision, au moins 40 conseillés), étapes de la procédure (page du 12 août 2026) — Centre national de gestion (CNG), consulté le 20 septembre 2026.
- Article R632-11 du code de l’éducation — droit au remords dans la subdivision d’affectation ; « les changements de subdivision ne sont pas autorisés, sauf en cas de motif impérieux dûment justifié » — Légifrance, consulté le 20 septembre 2026.
- Arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du troisième cycle, article 44 — stages hors subdivision (accord du directeur d’UFR, avis de l’ARS et du CHU, convention d’accueil) — Légifrance, consulté le 20 septembre 2026.
- Foire aux questions du troisième cycle long des études de médecine (novembre 2023), § 5.9.3 — jusqu’à deux stages hors subdivision dans la région d’affectation en phases socle et d’approfondissement, deux hors région en approfondissement ; dérogations Centre-Val de Loire, Antilles-Guyane, océan Indien (art. 47, 48 et 50 de l’arrêté du 12 avril 2017) — Ministère de la santé (DGOS), diffusée par l’ARS Pays de la Loire, consulté le 26 septembre 2026.
À lire ensuite
- Spécialité ou ville : comment arbitrerQuand les deux ne tiennent pas ensemble : ce qui se rattrape plus tard, ce qui ne se rattrape pas, et une matrice de comparaison à pondérer soi-même.
- Les 15 questions à poser à un interne avant de choisirQuinze questions conçues pour qu’une réponse vague soit impossible — encadrement, stages, gardes, logistique — et les trois réponses à vérifier dans les textes plutôt qu’auprès d’un témoin.
- Rangs des années précédentes : ce qu’ils permettent vraiment de comprendreCe que mesure un rang limite, sur quelle population il est calculé, et pourquoi les rangs d’avant la réforme EDN ne se comparent pas à ceux d’après.